Avant les burons de pierre

Les pâturages d’altitude ont une histoire plus ancienne que les bâtiments aujourd’hui visibles. Il faut distinguer l’occupation pastorale d’un lieu, les abris successifs qui y ont été construits et la date du buron conservé. Une façade ancienne ne résume donc pas, à elle seule, l’ancienneté de l’estive.

En Aubrac, les abris saisonniers ont précédé le développement des constructions durables. Le Parc situe au XVIIIe siècle l’apparition des burons destinés à la fabrication fromagère sur le modèle cantalien.

Source : Parc naturel régional de l’Aubrac, Repères historiques.

La Domerie d’Aubrac : accueillir et exploiter

Fondé au XIIe siècle, l’hôpital d’Aubrac accueille pèlerins, pauvres et malades. Cet établissement religieux, également appelé Domerie, devient un acteur majeur de l’organisation du territoire. Son expansion s’accompagne du développement des pâturages et des chemins empruntés par les troupeaux.

Son rôle ne doit pas être étendu indistinctement à tout le Massif central : chaque massif possède sa propre histoire foncière et pastorale. L’intervention des communautés religieuses s’inscrit dans des paysages également façonnés par les paysans et les autres détenteurs de terres.

Source : Parc naturel régional de l’Aubrac, Repères historiques.

Quelques repères, sans confondre les territoires

  1. XIIe siècle · Aubrac

    Fondation de l’hôpital et développement de l’accueil sur le chemin de Compostelle.

  2. XVIIIe siècle · Aubrac

    Développement des burons fromagers, dans le prolongement des formes cantaliennes.

  3. Révolution française · Aubrac

    Démantèlement des possessions de la Domerie et vente de ses montagnes d’estive.

  4. XXe siècle · Forez

    La collecte du lait et les laiteries modifient progressivement la production autrefois organisée dans les jasseries.

  5. 1960–1961 · Aubrac

    Création de la coopérative Jeune Montagne, puis reconnaissance de l’appellation Laguiole.

Source : Parc de l’Aubrac.

Source : Parc Livradois-Forez, La fourme, toute une histoire.

Dans le Forez, une organisation autour de l’eau

À Colleigne, la jasserie s’inscrit dans un ensemble associant bâtiment, eau et prairie. Une réserve d’eau située en amont permettait de nettoyer l’étable par une lâchée. Les matières entraînées fertilisaient les prés en contrebas, appelés « fumades » ou « fumées ».

Cette organisation explique pourquoi les traces d’une installation pastorale dépassent ses murs. Un petit canal, une retenue ou une prairie plus riche peuvent aider à comprendre son fonctionnement ancien.

Source : Réserve naturelle régionale des Jasseries de Colleigne.

Terres, usages et archives : les bonnes questions

Pour retracer l’histoire d’une estive précise, la première étape consiste à identifier la parcelle et ses propriétaires successifs. Plans cadastraux, actes notariés, baux, inventaires et témoignages peuvent ensuite être rapprochés.

Qui disposait de l’herbe ? Qui entretenait le bâtiment et les amenées d’eau ? Le troupeau appartenait-il à l’exploitant ? Quels produits étaient vendus ? Ces questions orientent la recherche. Elles ne permettent pas de supposer un contrat unique valable pour tous les burons et toutes les jasseries.